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Inondation rue de L’Ermitage du 4 juin 1973 
Jusque dans les années 1965, un fossé, qui suivait une partie de la nationale N°14 collectait les eaux, pour les rejeter dans le lac d’Enghien. Il recevait notamment celles d’un petit fossé, qui lui recueillait les eaux de ruissellement du trop plein des mares. Chaque automne un curage régulier était nécessaire, afin de ne pas inonder le riverain le plus bas. Cela n’empêchait rien lors de gros orages. Chaque hiver et printemps, les pompiers étaient souvent sollicités et ce riverain était contraint de conserver la pompe quelques jours.
C’est en 1973, qu’eut lieu le plus gros des dégâts.
Voici comment «Le Parisien Val d’Oise matin», relatait l’événement.
Les pluies de ces derniers jours, et plus particulièrement celles de la nuit du vendredi au samedi, qui ont redoublé de violence, ont causé d’importants dégâts à plusieurs pavillons, rue de l’Ermitage, à Franconville.
Des tonnes de sable, en provenance de l’autoroute A15, en construction, ont été entraînées par le ruissellement des eaux. Faisant des barrages en certains endroits, obstruant les regards d’écoulement et caniveaux alimentant le ru à ciel ouvert sur la RN 14. C’est donc près d'un mètre d’eau qui a envahi des pavillons en rez-de-chaussée, notamment Chez M. et Me Metz. Et c’est par miracle qu’il n’y ait pas eu de victime. Prince, le chien de M. Kutelmach, par ses aboiements, a donné l’alerte, sauvant ainsi la petite Sandrine Capelier, qui dormait dans son lit de toile.
Les sapeurs pompiers de Franconville ont mis plusieurs pompes en action pour faire évacuer l’eau. Les services de la voirie alertés ont fait le nécessaire auprès des Ponts et Chaussées, car il se pose le problème aux riverains de la rue de l’Ermitage, qui se trouve être la limite séparative des communes de Sannois et Franconville, et ce n’est que fort tard dans la soirée que la rue de l’Ermitage a été rendue à la circulation, après enlèvement de tonnes de sable.
Point de vue des riverains
De fait, dans la nuit le chien de M. Kutelmach réveille ses maitres par ses gémissements. Que se passait il ? Nous découvrons le sous-sol, de plein pied avec le jardin, envahi par de l’eau boueuse. Le jardin sur l’arrière est couvert de 20 centimètre d’eau jaunâtre ?
Pour les voisins au-dessus qui vivaient dans un sous-sol, en partie enterré, les dégâts étaient pires. En outre, leur bébé dormait dans une pièce ce sous-sol. C’est leur petit chien hurlant à la mort qui réveiller le papa qui en se levant se trouve dans quarante centimètres d’eau.
D’autres habitants constatent, que les sous-sols, les habitations de plein pied et les jardins sont envahis par de l’eau boueuse et jaunâtre. D’où venait cette eau ?
La déviation de la RN 14, future A15, était en construction et toutes les précautions n’ont pas été prises afin de canaliser l’eau du chantier. Lors du gros orage de la nuit du vendredi au samedi 1er juin 1973, l’eau et les terres ont envahi les terrains situés en contrebas et la rue de l’Ermitage, avec des dégâts plus importants pour la rue.
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Sources Le Parisien du 4 juin 1973. Site et documents personnel de Y. Kutelmach.
Jacques et François PORTEFAIXla Bête du Gévaudan
Jacques PORTEFAIX, cousin du prêtre de Franconville François PORTEFAIX, reposa à Franconville.
Par son courage, il s’est illustré dans un fait divers, face à la Bête du Gévaudan, sa vie en a été changée !
Le Journal de François n'a pas l'habitude de relater les faits divers, mais impossible de faire autrement pour évoquer Jacques Portefaix, mort à Franconville en 1785. En effet, il a connu la célébrité en combattant la fameuse "Bête du Gévaudan" !
Reprise ci dessous, de l’article publié le 21 mars 2021 :
Jacques Portefaix repose à Franconville :
son courage face à la Bête du Gévaudan a changé sa vie !
Tout le monde a déjà entendu parler de la Bête du Gévaudan qui a semé la terreur, auprès des habitants de Lozère entre 1764 et 1767. Pendant trois ans, le journal local ("Courrier d'Avignon") mais aussi le national ("Gazette de France de France ") ont tenu en haleine leurs lecteurs en narrant toutes les attaques de l'animal, les révélations concernant cette bête qui serait un loup, un loup-garou ou bien même un tueur en série ! Rumeurs et fausses informations ont rapidement circulé ! Même à l'étranger, certains journaux ont relaté cette traque de la bête.
Cela se terminera en 1767 lorsque la bête – un loup – fut finalement abattu par un paysan, Jean Chastel qui a reçu une gratification bien méritée. La Bête du Gévaudan sera même transportée ensuite à Paris pour la présenter au roi Louis XV.

Depuis cette date, de nombreux livres ont été publiés sur cet événement qui a inspiré de très nombreux auteurs et une série Netflix est même en préparation !
Après ce long préambule nécessaire, revenons àJacques Portefaix ! A l'âge de 13 ans, il était en compagnie de ses copains lorsque le groupe a été attaqué par la Bête du Gévaudan dans la commune du Villaret, en Haute-Loire. L'animal a pris dans sa gueule le bras d'un de ses copains.
« Un des enfants suggère de prendre la fuite pendant que l'animal est occupé, mais le jeune Jacques André Portefaix les incite à secourir leur compagnon. Ralentie par la nature du terrain, la Bête est rejointe par les enfants qui tentent de l'atteindre aux yeux à l'aide de lames fixées sur leurs bâtons. Portefaix et ses amis parviennent à lui faire lâcher prise et à le tenir à distance. À l'arrivée d'un ou plusieurs hommes alertés par les cris, la Bête s'enfuit dans un bois voisin » indique-t-on sur la page Wikipédia consacrée à la Bête du Gévaudan.
Sa bravoure sera alors récompensée par Louis XVqui va prendre en charge financièrement son éducation. Fils d'agriculteur, il bénéficiera donc d'un coup de pouce royal ! Ainsi Jacques est admis chez les Frères de la Doctrine Chrétienne ou Frères Ignorantins, de Montpellier puis intégrera à 17 ans l'école du Corps Royal d'artillerie. Par la suite, il deviendra lieutenant sous le nom de Jacques Villaret et effectuera la majeure partie de sa carrière à Besançon.
En 1780, il devait rejoindre les États-Unis afin de se joindre à l'armée américaine qui luttait pour son indépendance face à la couronne britannique mais sa compagnie restera au Havre.
Après cette vie bien remplie, c'est à Franconville qu'il terminera sa vie.En effet, il rejoint en 1785 son cousin curé à la paroisse Sainte Marie-Madeleine pour quelques jours de repos. C'est là qu'il tombera malade.
Sur le blog "betedugevaudantruehistory", sa fin de vie à Franconville nous est révélée :
« Le 12 août, en pleine possession de ses moyens intellectuels, pouvant encore bien penser et écrire, mais sentant sa fin proche, il fit venir plusieurs témoins accompagnés du notaire Guillaume Robert Bouju afin de leur communiquer ses dernières volontés et de rédiger son testament. Par ce biais, il léguait ses maigres biens (il mourrait pauvre, tout aussi pauvre que lorsqu'il était petit berger en Margeride) à son frère Jean-Joseph Portefaix qui avait bien mieux réussi que lui puisqu'il était bourgeois à Paris et vivait rue de Grenelle-Saint-Honoré au n°20, à l'Hôtel de l'Empereur d'Allemagne. Ce quartier était proche du Louvre et cette rue était comme par hasard particulièrement connue d'une certaine élite de la société de Franconville-la-Garenne. On y trouva bon nombre de célébrités comme Jean-Jacques Rousseau (protégé au Temple par le Grand Maître, le Prince de Conti, duc de Mercoeur en Gévaudan) qui vécut aussi un temps à Montmorency, non loin de Franconville, et qui était aussi l'une des relations du fantasque comte d'Albon (descendant direct des grands dignitaires de l'Ordre du Temple), impérialement installé Franconville-la-Garenne.
Le 14 août 1785, Jacques Portefaix du Villeret de Chanaleilles, est donc décédé dans la chambre du second étage du presbytère de la paroisse Sainte Marie-Madeleine de Franconville. Il fut inhumé le lendemain dans le petit cimetière tout proche de l'église, qui n’existe plus de nos jours. »
Jacques Portefaix repose donc à Franconville après une vie marquée par cet épisode de jeunesse avec la Bête du Gévaudan.
Site Journal de François https://www.journaldefrancois.fr/
- La biographie complète de Jacques Portefaix
- Page Wikipédia consacrée à la Bête du Gévaudan
Promenade sur la colline de Franconville par Aldo Salvador

Cette promenade se propose de faire découvrir différents aspects de la colline de Franconville souvent ignorés.
(Vous pourrez suivre l'avancement de la promenade sur la carte en cliquant sur ce petit logo pour chaque position indiquée.)
Il s'agit d'un circuit de "promenade-découverte" à travers ce grand espace naturel situé entre l'autoroute A15 et le sommet de la colline : "Espace-vert protégé" et géré par l'A.E.V (Agence des Espaces Verts)
Le départ de ce circuit se situe au croisement du Chemin des Cotillons et du Chemin des Regards, aux panneaux d'information" de l'A.E.V. (face aux jardins communaux de Franconville)
C'est donc à partir de cet endroit, situé au pied du "vallon des Cotillons" que l'on peut, gravir, sillonner et découvrir ce vaste "Espace vert" jusqu'au sommet de cette colline que les anciens nommaient à juste titre "la Montagne" de Cormeilles en Parisis (*) et dont le sommet culmine à plus de 170 mètres.
(*) montagne : "Relief important du sol s'élevant à une grande hauteur" (Dic. Hachette), "Importante élévation de terrain" (Dic. Robert)
D'ailleurs, le terme "montagne" figurait comme lieudit sur les cartes et plusieurs établissements portaient cette désignation comme l'ancien "Sanatorium La Montagne" avant la guerre et de nos jours encore : Le "Restaurant La Montagne" et le "C.A.T la Montagne", situés sur la route stratégique de Cormeilles en Parisis.
Afin de brosser un bref tableau de ce vaste terrain d'exploration et d'aventure, voici quelques informations à la fois géologiques, préhistoriques et historiques sur ce site (Source : Le livre "En passant par Franconville la Garenne" conduit par M. Henri Bertin (1986).
" Il y a environ 45 millions d'années, la vallée où se trouve Franconville s'est retrouvée au cours des âges géologiques, périodiquement envahie par la montée du niveau des océans due à différentes phases de réchauffement climatique.
Toute la vallée s'était transformée en un golfe de mer tropicale et Franconville se trouvait sous environ 20 mètres d'eau. Plusieurs fossiles de coraux, de coquillages et des dents de requins ont été retrouvés lors de fouilles dans la région..."
"...Beaucoup plus proches de nous (il y a environ 200.000 ans), des premières traces de présence humaine ont été retrouvées dans la région (silex taillés, poteries etc.)
La vallée était alors recouverte d'un paysage boisé plutôt ingrat, entrecoupé de marécages ou de vasières et ces premiers hommes habitaient sur les hauteurs. Ils ont laissé peu de traces de leur présence parmi les mammouths, les ours et les hyènes qui peuplaient cette région inhospitalière, balayée par des vents glacials et réguliers..."
Sur le plan géologique notre colline est composée de différentes strates de matériaux qui se sont déposées au fil des temps :
Au sommet de la colline, sous une faible couche de terre végétale où poussent les arbres et autres végétaux, se trouve une couche (de 5 à 10 m d'épaisseur) constituée de limons et argiles à "meulières", pierres très prisées et largement exploitées pour la construction de bâtiments. L'église Sainte-Madeleine de Franconville et autres belles bâtisses de la région en sont encore les témoignages.
Ensuite on trouve une épaisse couche de sable et grès (dit "sable de Fontainebleau") de 20 à 30 m d'épaisseur employé surtout comme remblai pour la construction des routes dans la région. Puis une couche de marnes (très imperméables) de 6 à 7 mètres d'épaisseur, où les eaux infiltrées à travers le sable étaient arrêtées et ne pouvaient s'évacuer que par les nombreuses sources s'échappant des flancs de la colline.
Plus profondément encore, une couche de calcaire (5 m) puis plusieurs couches de différentes marnes (25 m), puis trois "masses" de gypse de respectivement 17 m, 7 m et 2 m d'épaisseurs, exploitées actuellement par Placoplâtre (filiale St
Gobain) pour la fabrication de plâtre dans leur usine située sur place.
Cette carrière serait la plus vaste carrière de gypse à ciel ouvert d'Europe (350.000 tonnes de gypse extrait par an). L'exploitation se poursuit actuellement mais de façon souterraine.
Depuis son origine (1822), cette carrière a été exploitée par plusieurs générations de la famille Lambert, d'où son nom de "carrière Lambert" très connu dans la région.
Après ces quelques informations générales et après avoir évalué d'un regard averti le sommet de la "montagne", qui nous domine, son "ascension" peut commencer... au rythme du "pas lent du montagnard".
Au départ, le Chemin des Cotillons grimpe en pente douce, le long du "vallon" qui porte son nom, longeant sur sa gauche les "Jardins familiaux" de Franconville avec leurs petits chalets de bois et de l'autre côté une plantation de jeunes cerisiers (cerises de Montmorency).
Puis plus loin sur la droite, sur une vaste parcelle à flanc de coteau, les silhouettes alignées d'innombrables noyers se profilent au milieu des hautes herbes, côtoyés par des plantations de pommiers et autres arbres fruitiers.
Tous ces arbres ont été plantés par l'A.E.V pour rappeler sans doute l'activité agricole très dense de cette colline, dont la vocation était principalement tournée vers le maraîchage et les productions fruitières : Pommes, poires, prunes, cerises, pêches, sans oublier... la vigne.
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| Aux champs | Le chemin du Clos | Dans les vergers |
Puis, dans sa portion finale, le Chemin des Cotillons se cabrant brusquement, le circuit emprunte à droite (3ème bloc de pierre) et au pied d'un beau néflier une variante plus douce. Le chemin grimpe alors en serpentant au milieu des hautes herbes à travers une plantation de pommiers et de pruniers pour arriver là haut en lisière de bois d'où on peut déjà découvrir à travers les noyers une belle vue plongeante sur la vallée
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Ensuite, décrivant une légère courbe vers la gauche, le chemin s'enfonce à travers bois, sous le couvert bienfaisant de grands châtaigniers où il progresse lentement vers le sommet.
Bientôt, un grand puits de lumière apparaît à travers les feuillages, indiquant son arrivée sur le "le chemin des Crêtes", large allée qui serpente sur le plateau au sommet de la colline, à plus de 170 mètres d'altitude !
Depuis ce point élevé et derrière le cimetière de Cormeilles, une trouée entre des arbres offre un beau panorama sur toute la vallée, avec une vue plongeante sur Franconville, Sannois, Ermont, situées à nos pieds et en face, Saint-Leu, Saint-Prix, Andilly et toute la colline de Montmorency un peu plus haute que la nôtre avec le manteau sombre de sa forêt qui ferme l'horizon.
En bordure de cette grande allée et en contrebas sur la gauche, derrière une simple clôture grillagée, les vestiges toujours présents d'une ancienne batterie militaire que l'on devine à peine tant les fossés et les bâtiments sont envahis par les lianes et autres végétations sauvages : C'est l'ancienne "Batterie des Cotillons".
Il faut rappeler à ce sujet, que suite à "l'invasion éclair" des Prussiens sur Paris en 1870, cette colline, par son emplacement hautement stratégique a été rapidement dotée par les gouvernements de l'époque d'un grand nombre d'édifices militaires de défense pour constituer une ceinture de protection autour de Paris, du nom de "camp retranché de Paris".
En plus du Fort de Cormeilles érigé à la hâte de 1874 à 1877 (en cours de restauration et qui se visite) il y avait sur ce plateau et tout le long de la "route stratégique", un véritable chapelet d'édifices militaires.
D'ouest en est, on trouvait successivement le Fort de Cormeilles et les batteries : De la "Borne de marbre", "de Risque-tout", "de l'Étang", "des Cotillons", "du Rond point", "du Château rouge", ainsi que la "Redoute de Franconville" située en haut du Bois des Monts-frais, au bord de l'ancienne route stratégique.
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Une grande bâtisse isolée se dresse à cet endroit, posée à flanc de colline derrière des sapins (c'est la maison forestière de l'A.E.V). Plus haut et sur la gauche, à la lisière du bois des Rinvals, on devine à travers les feuillages la silhouette d'une plate-forme cimentée...
Après une courte "grimpette" par un étroit sentier escarpé, on accède avec surprise à cet endroit élevé et très dégagé, totalement inattendu et unique dans la région :
Le "Belvédère des Rinvals", aménagé sur le terrain de tennis d'une ancienne propriété aujourd'hui disparue.
Depuis cette "terrasse" ensoleillée, idéalement située en balcon et agrémentée de bancs, de sièges en rondins et "d'arbres à livres", on peut se reposer, se distraire ou se cultiver et jouir d'un panorama unique sur toute la vallée, avec Franconville à nos pieds.
Après cette petite halte et quelques belles photos "panoramiques", on peut redescendre en serpentant dans les hautes herbes entre d'antiques arbres fruitiers (cerisiers, noyers,...) et quelques buissons d'églantiers, d'un ancien verger abandonné, (celui de : "M. Herriot et de ses ruches") pour rejoindre la clairière en contrebas.

Le circuit emprunte ensuite la Sente des Rinvals qui descend en longeant sur la gauche l'ancienne propriété (où siège actuellement l'A.E.V.) jusqu'à venir croiser le Chemin des Rommes.
Autrefois, la Sente des Rinvals se prolongeait tout droit vers le bas, par le chemin du même nom jusqu'à la Place Saint-Marc (et sa source réputée) au bord de la rue de Paris (RN 14) avant d'être coupée par l'autoroute.
Quant à l'ancienne "Source des Rinvals" (perdue au milieu du bois) celle qui alimentait la vaste pièce d'eau de la propriété du Comte d'Albon (1753-1789), elle a disparu vers 1960, se trouvant par malchance sur le tracé de l'A15...comme la "Fontaine Saint-Marc" qui a subi le même sort.
La promenade se poursuit ensuite sur la droite en empruntant la portion du Chemin des Rommes qui se rapproche de l'autoroute.
C'est sans doute à proximité de ce lieu (d'après une carte de 1785) que se trouvait "le Chaslée" (entouré en rouge sur la carte), petit hameau de "chalets suisses", une des nombreuses "curiosités" que le Comte d'Albon avait fait construire dans ses jardins qui s'étendaient du bas de Franconville jusqu'au sommet de la "Montagne", suivant un plan topographique de 1784.
C
et endroit étant très proche de l'autoroute et de ses nuisances sonores, on peut s'en éloigner pour retrouver le calme de la forêt, en empruntant un petit sentier sur la droite qui contourne une imposante cépée de laurier. Il traverse d'un côté un ancien verger de pruniers (des quetschiers) et de l'autre une rangée de vénérables cerisiers (bigarreaux) aux ramures sombres et torturées.
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Le sentier s'enfonce ensuite dans la forêt, et se faufile entre noisetiers, charmes, acacias... et ronciers, pour rejoindre à nouveau le Chemin de Cormeilles bordé à cet endroit de hauts talus et de châtaigniers, où un peu plus bas se trouvait une Sablière. |
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Depuis le Chemin de Cormeilles où nous étions revenus tout à l'heure et juste en face, la "Sente des Cotillons" poursuit la promenade à flanc de colline et en balcon, d'où l'on (avait !) une très belle vue sur la vallée...avant que la végétation ne reprenne aujourd'hui ses droits !
Le chemin dévale ensuite le coteau vers la gauche, sur une pente herbeuse à travers d'anciens vergers de pommiers et de pruniers et longe une haie d'aubépines, de prunelliers, d'églantiers, de cornouillers et autres arbustes sauvages. Il se déroule ensuite en empruntant une pelouse en friche parsemée au fil des saisons d'un cortège ininterrompu de fleurs des champs: Pois de senteurs, marjolaine, verges d'or, tanaisie, millepertuis et autres fleurs sauvages... pour passer enfin au pied d'un grand cerisier "hors d'âge" à la silhouette imposante.
Après a
voir traversé le tunnel de verdure d'un bosquet de noisetiers, le sentier débouche soudain dans une clairière où nous accueille la "Fontaine des Cotillons" et son grand bassin de pierre. Quelques pas plus bas et au bord du Chemin des Regards, une charmante petite mare, cachée derrière un rideau de plantes aquatiques, sommeille paisiblement à l'ombre protectrice de deux grands saules-pleureurs.
Cette mare est alimentée par unepetite rigole où s'écoule le mince filet d'eau d'une source sortant d'une niche en pierre située un peu plus haut. Au printemps, cette mare est très fréquentée par de nombreux batraciens qui viennent s'y se reproduire, dont une espèce protégée très rare dans la région, le fameux "crapaud calamite".
Ce crapaud a en effet la curieuse habitude de se reposer au sol dans la journée en se cachant dans des petits terriers, sous des pierres ou des touffes d'herbe et de se déplacer la nuit pour chasser ses proies, non pas en sautant comme la plupart des crapauds... mais en trottinant !
Enfin, pour terminer agréablement cette promenade, pourquoi ne pas faire une halte reposante et bucolique sur le rebord accueillant de la fontaine,en écoutant le bruit de l'eau qui coule ? Ce pourrait être une bonne idée avant de boucler ce circuit dont le point d'arrivée n'est plus qu'à quelques pas.
Cette randonnée bucolique sur la "Montagne de Franconville" se termine donc à cet endroit et comme le disait si bien Jean FERRAT dans sa chanson :
| "Pourtant, que la montagne est belle..." | |||
| au printemps... | en été... | en automne... | et en hiver ! |
C'est bien vrai ! Et en plus, elle est belle en toutes saisons...
Les abeilles de Monsieur Herriot par Aldo Salvador
Souvenirs d'enfance des années 1950 sur la colline de Franconville
Sur la colline de Franconville et en lisière du bois de Cormeilles, un immense verger côtoie la propriété où nous habitons. Depuis la cour située derrière notre maison, une simple clôture grillagée nous sépare de ce vaste espace planté d'arbres fruitiers. Partant de son point le plus élevé de la colline, ce verger la dévale en pente raide jusqu'à la haie d'aubépine qui le sépare d'une clairière située en contrebas. La sente des Rinvals, encore "carrossable" à cet endroit, devient ensuite un simple chemin forestier qui grimpe tout droit vers la colline en traversant un épais bois d'acacias et de châtaigniers pour déboucher en pleine lumière sur le "plateau" de Cormeilles.
Ce grand verger excite notre gourmandise d'enfants par les fruits délicieux qu'il offre en toutes saisons et qui ne demandent qu'à être dévorés (des
yeux !). Un enchantement pour la vue, mais un supplice de Tantale pour nous !
De gros abricots orangés mûrs à point et parfumés à souhait, des pêches charnues et juteuses pour se désaltérer, des bouquets de cerises à en faire
ployer les branches, des pommes rouges et jaunes prêtes à croquer, des branchées entières de mirabelles dorées, sucrées comme le miel.
Ah ! Que nous aurions aimé être des petits oiseaux !…
D'ailleurs en parlant de miel, nous avons remarqué cet après-midi une silhouette "étrange" sur les hauteurs du verger, autour des ruches regroupées à cet endroit. Il y en a bien une dizaine en tout, orientées vers la pente et les premiers rayons du soleil, comme les mazots d'un petit hameau savoyard.
Déambulant avec précaution, un homme curieusement vêtu s'affaire autour des ruches avec des instruments bizarres qui attirent de loin notre attention. C'est Monsieur Herriot, le propriétaire de ce grand verger. On le voit souvent venir à la belle saison pour cueillir ses fruits, entretenir ses arbres et récolter son miel.
Qui est-il ? Où habite-t-il ? On n'en sait rien ! On ne connaît de lui que son nom.
Monsieur Herriot est un monsieur très discret qui ne parle pas beaucoup, juste un "petit bonjour" par politesse en passant, quand il nous croise par hasard sur son chemin. On pense qu'il doit venir du bas de Franconville ? Ou peut-être d'ailleurs ? Il grimpe jusqu'à son verger en poussant un vieux vélo derrière lequel est toujours attelée une remorque à deux roues, encombrée d'outils bizarres…
De loin et à travers le grillage qui nous sépare de son verger, on le voit se déplacer de ruche en ruche, vêtu d'un curieux accoutrement : Il porte une combinaison blanche, des bottes, des gants jusqu'aux coudes, et un casque à large bord sur lequel est fixé une moustiquaire qui entoure sa tête et retombe largement sur les épaules.
Il tient un ustensile bizarre en forme de cafetière à bec pointu d'où s'échappe par bouffées une fumée blanche qu'il dirige vers les ruches. Ses gestes sont lents, précis et lui donnent une démarche de pantin articulé…au ralenti.
Par moments, il dépose son "enfumoir" pour extraire délicatement des plaques de la ruche qu'il examine minutieusement. Ensuite, avec un outil en forme de lame, manipulé avec précaution, il les racle une à une soigneusement pour en récupérer le miel doré qui s'écoule lentement dans d'un récipient en métal.
Après avoir répété méthodiquement cette opération sur toutes les ruches, il quitte ses "vêtements d'apiculteur", les replie soigneusement et retrouve ainsi une apparence normale. Il place alors son récipient empli du précieux liquide dans sa remorque et le cale avec soin, en le fixant solidement pour qu'il ne verse pas.
Puis, visiblement satisfait du travail accompli et de sa bonne récolte de miel, il grimpe d'un pas tranquille à travers les hautes herbes jusqu'au sommet de son verger. Depuis ce "belvédère" à la vue imprenable il promène son regard à la ronde pour admirer le paysage et apprécier d'un air comblé le vaste panorama qui s'étend à perte de vue, depuis la vallée de Franconville située en contrebas, jusqu'à la colline de Montmorency en face, qui ferme l'horizon devant lui.
S'accordant une petite halte bien méritée pour sans doute reprendre son souffle après cette grimpette éprouvante, Monsieur Herriot redescend lentement, passant d'arbre en arbre comme pour les saluer, examinant les troncs et leurs écorces, écartant ici ou là quelques branches mortes tombées à terre et évaluant au passage la maturité de ses fruits en vue d'une prochaine récolte. Observations anodines en apparence mais sans doute très utiles à cet homme averti pour prévoir les futurs travaux dans son verger.
Puis, Monsieur Herriot quitte son domaine en refermant soigneusement le vieux portail en bois derrière lui, sans oublier par prudence, la chaîne et le cadenas.
Enfin, après avoir vérifié la bonne fixation de sa remorque et décrit un large demi-tour dans la clairière avec son attelage, il enfourche son vélo pour redescendre prudemment vers la ville, emportant derrière lui sa précieuse récolte dans sa remorque bringuebalante.
Comme tout "étranger suspect" passant dans le quartier, il est escorté par notre fidèle Toby, qui en chien de garde zélé, accompagne cet équipage improbable jusqu'en bas de la propriété en aboyant copieusement.
Notre voisin Monsieur Constantin, qui est un ancien paysan, habite une petite ferme devant notre propriété. Il aime avant tout la campagne la nature les animaux et aussi les abeilles. Il nous a raconté avoir eu lui aussi plusieurs ruches lorsqu'il était en Italie (avant la guerre).
Alors que nous les enfants, ne connaissions les abeilles qu'à travers leurs piqûres cuisantes, il nous a un jour expliqué combien ces petites bêtes étaient merveilleuses, courageuses et surtout très utiles pour les hommes. Pour le miel bien-sûr, mais aussi et surtout pour les fruits qu'elles nous procurent indirectement grâce à leur pollinisation des arbres fruitiers
Cette explication savante nous a un peu réconciliés avec les abeilles, dont nous avions surtout appris à craindre les piqûres.
Il faut reconnaître que les abeilles de Monsieur Herriot (et les autres) sont des petites ouvrières bien loin d'être paresseuses. Elles ne se bornent pas à la limite de son verger et se soucient bien peu de son portail, de la chaîne et du cadenas. Au printemps et en été, c'est sûrement elles qu'on entend bourdonner en haut des acacias et châtaigniers en fleurs de la forêt toute proche. Mais, elles s'envolent aussi très loin de leurs ruches, pour butiner les fleurs sauvages et celles des vergers environnants qui couvrent une grande partie de la colline.
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Monsieur Herriot en homme averti, sait donc grâce à sa passion pour les abeilles, récolter à la fois du bon miel dans ses ruches et de beaux fruits sur ses arbres. Tous ses voisins qui ont aussi des arbres fruitiers profitent également du travail de ses abeilles, à commencer par Monsieur Boratto, Monsieur Constantin et les nombreux agriculteurs qui possèdent des vergers sur la colline : Cerisiers, pêchers, pruniers, abricotiers, poiriers, pommiers, produisent des fruits réputés en abondance pour être ensuite vendus sur tous les marchés de la région, y compris à Paris et sa banlieue…









